Fin du tome 3
A lire à la fin du tome 3
Alec :
Je désespère. Je désespère tellement de trouver, enfin, ma compagne. Pourquoi ai-je fait tout ça ? Pourquoi avoir accepté que Katrina lance ce sort ?
Je me sens tellement coupable… et pourtant… Y aurait-il une infime chance de trouver celle à qui je suis destiné ?
Katrina, dans un dernier souffle, m’a indiqué où elle pourrait se trouver. Et me voilà, dans cette ville si sombre pour moi, logé au Lutetia, qui réveille mes pires souvenirs… et les plus humbles espoirs.
Cette ville est si belle, et à la fois chargée d’histoire. Une histoire que j’aimerais oublier.
Igor m’a ri au nez avant de partir. Lui s’apprête à monter sur le trône, et moi… je suis en parade nuptiale.
Ça m’agace tellement.
L’air frais s’engouffre sous ma chemise. Je ressens les animaux autour de moi, la magie omniprésente. C’est déconcertant.
Comment la magie peut-elle s’accrocher à autant d’êtres froids et riches ? N’y aurait-il pas un peu d’espoir, aussi, pour ceux qui n’ont rien ? Pour ceux qui dorment dehors ?
Les derniers retardataires entrent dans le Louvre. Je les observe depuis ma fenêtre. Et je la vois… une petite fée, qui marche presque sans bruit sur le sol.
Elle ne me voit pas, mais moi, je la vois. Je la sens, dissimulée derrière son illusion, derrière cette magie qui la protège. Elen m’a dit qu’il y aurait du monde. Que je pourrais peut-être la rencontrer. Elle. Ma compagne.
Et pourtant, je ne ressens rien. Ces gens me paraissent si… insipides. Ternes. Sans éclat. Elen est partie les chercher. Elle reste à mes côtés, fidèle dans cette quête.
Ma chère Elen, qui a vécu tant de choses. Tant de choses terribles. Ce matin, elle m’a dit qu’elle se sentait un peu mieux, ici, en France. Ce n’est pas la Russie, mais elle commence à s’y ancrer. Elle pense même y trouver un nouveau monde, de nouvelles attaches. Tant mieux pour elle. Elle, au moins, elle avance.
J’entends du bruit dans le bureau. Ils sont bruyants… et si prévisibles. Mon corps s’agite à l’approche de l’ours. Il est grand, puissant. Il pourrait me blesser.
Je dois rester sur mes gardes. Tom est un animal bien trop protecteur et solide pour que je puisse l’affronter. S’il est là, je vais devoir le supporter. Rien de plus.
— Alec, reviens s’il te plaît. Nous sommes tous là.
Elen m’appelle. Elle a raison. Je dois la trouver. Et si ce n’est pas ici, à Paris… alors ce sera peut-être ailleurs. En France.
Mais elle est là, quelque part. Un poids s’est envolé depuis quelques heures. Je ne sais pas si c’est parce que j’ai retrouvé ma vieille amie Elen, ou s’il y a moins de magie ici qu’en Russie… mais je dois faire un effort. Me ressaisir.
Ils sont tous là, autour de moi. Comme si j’avais quelque chose à faire d’eux. Je veux trouver ma compagne polymorphe, pas tout le gang des métamorphes français. Ils se présentent tous à moi, et moi je fais de même, mais je n’éprouve ni sentiment, ni même intérêt pour eux. Je les reconnais tous — du moins, leur animal, derrière leur masque humain. Et chacun, sans exception, se prosterne
La petite fée ne me regarde pas dans les yeux. Elle se cache derrière l’ours. Et je sens… toute sa magie ancienne m’appeler. Ce petit papillon va devenir quelqu’un d’exceptionnel, c’est certain. Pour l’instant, ce n’est qu’une humaine frappée par le Fléau. Mais patience…
Une odeur attire mon attention. Non… pas une odeur. Un souffle. Qui est-ce ?
Je m’avance vers Tom. Il cache quelqu’un, ou quelque chose. Je n’arrive pas à la définir. Et puis, je la vois.
Elle porte une robe rouge, élégante, rétro, années 50. Un choix étonnant, hors du temps. J’ai adoré cette époque. Cette fille, dans cette robe, incarne tout ce que ces années avaient de meilleur : la classe, la retenue, la provocation subtile mais quelle provocation…
Elle me regarde. Avec de grands yeux, légèrement baissés, mais présents. Troublés peut-être. Déterminés ? Je n’arrive pas à la saisir. Elle ne bouge pas comme une humaine, mais elle ne dégage pas non plus l’aura d’un métamorphe. Elle est autre chose. Une faille. Une évidence.
Mon regard glisse, presque malgré moi. Le long de sa gorge, jusqu’à la courbe délicate de sa clavicule. Sa peau est lisse, pâle, comme éclairée de l’intérieur. Il y a cette lumière qui s’y pose, douce, insistante. J’y vois une promesse, un calme trompeur. Son décolleté, subtilement dessiné, encadre ce relief avec une élégance désarmante. Rien d’excessif. Rien d’indécent. Mais tout est là. Présent. Déroutant.
Je suis captivé. Je m’attarde sur la ligne de sa mâchoire, fine mais ferme, marquée par la vie. C’est une mâchoire qui a dû se taire, qui a mordu ses mots plus d’une fois. Une femme qui a résisté, j’en suis sûr. Elle n’a pas grandi protégée.
Elle semble fragile, mais tout en elle dégage une force rentrée. Une tension maîtrisée. Une puissance qui attend. Mon instinct de métamorphe se réveille. Quelque chose en elle me parle. Une magie ancienne, profonde, à peine voilée. Comme si son corps voulait se fondre dans la foule, mais que son âme, elle, appelait.
Je sens cette chaleur sous ma peau. L’envie. Pas seulement de toucher. D’approcher. De comprendre. De savoir pourquoi elle fait vibrer quelque chose en moi que je croyais figé.
Et ça m’agace. Je suis venu pour une raison. Pour retrouver ma compagne. Pas pour me perdre dans des frissons idiots.
Mais elle est là.
Et si c’était elle ?
Ou pire… si ce n’était pas ?
— Hum… Bonjour, Myra Foster, dit-elle rapidement, incertaine.
Et comme un soufflé monté dans une chaleur intense… tout redescend aussitôt. Comment ai-je pu croire qu’elle était ma compagne ? Je ne ressens rien. Aucune magie. Rien qu’un vide déroutant, profond, presque glaçant. Je suis troublé. Vraiment.
J’ai été attiré, envoûté même…Mais ce n’est qu’une humaine.
Et j’ai prononcé ce mot intérieurement avec tant de dédain que je m’en surprends moi-même. Comme si j’avais besoin de l’écraser pour ne pas admettre que quelque chose en elle m’a dépassé. Je me détourne rapidement. Elle m’a envoûté, oui. Mais ce sera la dernière fois.
Je vois le canapé avec la petite fée en face. Elle va pouvoir m’apaiser.
— Bon M. White, nous sommes ici, car vous aviez à nous parler. Veuillez commencer, je ne suis pas friand de ces mondanités.
Je tourne la tête vers le métamorphe allemand. S’il croit qu’il peut commencer ma discussion, certainement pas.
— Vous avez raison Max, tout d’abord je vais vous raconter une petite histoire sur moi. À part Tom et Elena ici présent, vous ne savez rien sur moi d’après votre attitude à mon égard.
Je les regarde tous avec animosité et je prends tout le pouvoir qu’il m’est nécessaire pour prendre le contrôle de la pièce. Elen me regarde nerveusement, je sais qu’elle n’aime pas ça, mais je dois reprendre le pouvoir.
— Je me nomme Alec Marius White et je suis le descendant de la ligne directe des polymorphes White. Il y a quelques mois, j’ai commis une terrible erreur qui a coûté la vie à plusieurs humains sur terre ; en effet pour reprendre ma place dans la royauté et surtout, comme vous le savez tous pour ne pas perdre la raison je dois trouver ma compagne. Une autre polymorphe. Malheureusement après des recherches intenses je n’ai rien trouvé. J’étais désespéré et j’ai donc demandé à une sorcière très puissante d’effectuer un sort de localisation : Katrina.
Je marque une pause. Certains hochent la tête et je reprends ;
Je continue mon histoire, celle que j’ai déjà expliquée mille fois aujourd’hui à Elen. Elle a ressenti cette onde de force, mais jamais elle n’aurait imaginé que ce soit sa petite Katrina qui en soit à l’origine.
La petite fée me pose quelques questions. Je suis intrigué par ses paroles si directes, et le ton qu’elle emploie.
— Savez-vous quelque chose, Miss Kalling ?
Elle se fige, et je vois naître de la peur dans son regard. Enfin, une émotion juste depuis le début de cette mascarade. De petites étincelles s’échappent de ses mains. Quelle insolente.
— Inutile de jouer avec vos tours de passe-passe. Je suis un polymorphe. Vos petites magouilles de fée ne m’atteignent pas.
Je croise le regard d’Elen. C’est bien une fée. Je le savais. Elle aussi, à en juger par son expression. Elle doit être bouleversée.
— Ce que Zoé, ici présente, essaie de dire… c’est que peut-être vous devriez… je ne sais pas… l’aimer, non ? La séduire, vous rapprocher d’elle avant de parler d’union. Surtout si vous comptez l’emmener en Russie.
Je tourne lentement la tête vers Tom, l’ours, qui vient de parler. Je m’apprête à répliquer quand une autre voix s’élève. Sensuelle. Défiant l’ordre établi.
— Et elle ne vous connaît même pas ! Peut-être qu’elle ne parle même pas russe ! Vous y avez pensé ? Votre “promise” a une vie ici, en France. Quelle vision archaïque de penser qu’elle abandonnera tout pour vous.
La tension devient palpable. Elen, déjà debout, lance un regard noir à Zoé. Les trois autres métamorphes restent impassibles, mais leurs regards ne perdent pas une miette de la scène.
J’ai du mal à retenir mon exaspération.
— Tu ne connais rien à la magie, ni aux sorts. Alors qu’est-ce que tu fais encore ici, l’humaine ?
— Je suis venue avec Tom, et je suis sous sa protection. Tu n’as aucune autorité sur moi, mon coco. Alors redescends.
Ses épaules se balancent légèrement en prononçant ces mots. Et tout mon corps, traître, est attiré par les mouvements de ses hanches sous cette robe rouge. Tu veux jouer à ce jeu, mon petit chat ? Très bien. Si je ne trouve pas ma compagne ce soir, j’aurai au moins une petite effrontée dans mon lit. Sois-en certaine.
Elle me toise du regard. Sa panique grandit à mesure que je la fixe. Elle doit bien sentir ma puissance, car elle se tait rapidement et rougit.
— Mon coco ? Mais qu’est-ce que ça veut dire, “mon coco” ? Elen, je rêve ou quoi ? C’est qui, cette fille, pour me parler comme ça ?
Elen sourit, demande calmement à cette délicieuse demoiselle si elle a quelque chose à ajouter… puis nous congédie tous pour retourner à la soirée.
Je n’ai peut-être pas trouvé ma compagne ce soir. Mais j’ai croisé une distraction… délicieuse. Et je ne suis pas homme à refuser un jeu bien mené. Sois-en certaine… ce soir, tu comprendras ce que signifie appartenir à un regard comme le mien et je te ferai frissonner jusqu’à ce que tu oublies ton propre prénom.
— Tu l’aimes bien.
Elen me sourit tendrement. Elle me connaît. Elle me connaît depuis le temps.
— Oui… c’est rafraîchissant.
— Elle me fait penser à ma sœur, moi. Imprudente, confiante, libre. Je l’aime bien.
J’opine, sans savoir quoi dire.
Elen est si silencieuse quand il s’agit de sa famille, encore plus lorsqu’elle évoque sa sœur décédée. Alors je ne dis rien. Mais si Elen la voit comme sa sœur… alors je n’aurai jamais à m’inquiéter. Cela signifie que Myra est sous sa protection
Je ne sais pas pourquoi je me sens aussi bien avec cette humaine, d’ailleurs. Comment peut-elle, elle seule, sans animal, sans magie, réussir à me troubler autant ?
Je revois ses hanches se balancer dans cette robe, sa poitrine se soulever à chaque souffle. Elle m’attire. Elle m’attire avec une telle intensité que mon corps réagit avant ma raison. C’en est presque douloureux. Je glisse une main contre mon pantalon, discrètement, pour reprendre le contrôle.
Elle a réussi à me faire sortir de ma crysalide. Comme un papillon.
— Tu as vu la fée ? demandé-je à Elen, fronçant les sourcils.
— Mmh…
Elle opine lentement, puis ajoute :
— J’ai été surprise de la voir. Sa mère m’avait juré que la lignée s’était éteinte avec elle… Mais le Fléau a tout changé. Peut-être qu’il me reste une chance, finalement.
Sa voix s’adoucit. Et pour la première fois depuis longtemps, j’y entends une note d’espoir.
— Cette Myra Foster…
Je laisse ma phrase en suspens. Je ne sais pas quoi dire. Elle m’a troublé. Bien plus que je ne suis prêt à l’admettre.
Elen me sourit, comme si elle lisait entre mes silences.
Elle réajuste sa tenue et se dirige vers la porte.
— Je sais, Alec.
Je m’approche de la sortie. Un clin d’œil. Un souffle.
Et je murmure, plus pour moi que pour elle :
— Si ce n’est pas ma compagne… Alors je te jure que ce sera ma pire obsession.
Ce contenu n’a pas été corrigé. C’est seulement du pur plaisir! 🙂
Test ton animal totem!
Quel est ton animal totem ?
Par Irène, sorcière (et observatrice très attentive des âmes… et des détails)
“La magie se cache autant dans les grandes décisions que dans les petits choix absurdes.”
Note la lettre qui revient le plus souvent.
- Quand tout s’effondre autour de toi, tu…
A : Observes en silence avant d’agir
B : Protèges les autres, coûte que coûte
C : Fonces, même si ça fait peur
D : Disparais pour mieux réfléchir
- La qualité qu’on te reconnaît le plus souvent :
A: Ta lucidité
B : Ta loyauté
C : Ta force
D : Ton intelligence stratégique
- Ton pire défaut (soyons honnêtes) :
A: Trop penser
B : Trop aimer
C : Trop t’emporter
D : Trop cacher
- Si on t’enferme une nuit dans un manoir hanté, tu…
A: Analyses les bruits et repères les pièges
B : T’assures que tout le monde va bien
C : Pars explorer, évidemment
D : Trouves la sortie sans que personne ne s’en rende compte
- La magie qui te correspond le plus :
A: Intuition et visions
B : Liens émotionnels et protection
C : Magie brute, instinctive
D : Sorts anciens et secrets
- Ton rapport au chaos :
A : Tu le comprends
B : Tu le contiens
C : Tu le déclenches (parfois)
D : Tu l’utilises
- On te confie un secret interdit. Tu…
A: Le gardes, mais tu sais qu’il te changera
B: Le portes comme un fardeau
C: Le défends bec et ongles
D: Le ranges très loin… pour l’instant
Pause légère : ton péché mignon absolu ?
A: Le calme, le silence, la solitude
B: Les moments cosy avec les gens que tu aimes
C: L’adrénaline et les défis
D: Observer sans être vue
Si tu étais un sort, tu serais…
A: Révélateur
B: Protecteur
C: Destructeur (mais juste ce qu’il faut)
D: Silencieux
- Question essentielle (Si si j’insiste) :
Tu dois sortir en urgence, magie ou pas magie. Tu choisis…
A: Bottes élégantes + sac structuré (rien n’est laissé au hasard)
B: Chaussures confortables + sac fourre-tout (on ne sait jamais)
C: Bottines badass + mini-sac (le style avant tout)
D: Chaussures discrètes + sac sombre (personne ne te remarquera)
RESULTAT
Majorité de A — Le Hibou
Lucide, intuitif, tu vois ce que d’autres refusent de regarder.
Tu avances dans l’ombre avec élégance et intelligence.
Majorité de B — Le Loup
Loyal, protecteur, ton cœur est ta plus grande force.
Tu es dangereux uniquement lorsqu’on menace les tiens.
Majorité de C — La Panthère
Instinctif, courageux, tu ne demandes pas la permission.
Ta magie est brute, viscérale, vivante.
Majorité de D — Le Corbeau
Stratège, secret, tu sais attendre le bon moment.
Le monde te sous-estime… et c’est ton avantage.
« La vérité ?
Ton animal totem te ressemble déjà. Tu peux être qui tu veux ; sois polymorphe. »